Interview with Markland Folks

Français : (English below)

VoV :  Hailsa! Pour commencer, pourrais-tu introduire Markland Folks à nos lecteurs?

MF : Markland folks est un projet que j’ai démarré en fin 2007 dans le but de jouer un type de musique que je croyais au départ pratiquement inexistant, autant sur le plan idéologique que sur le plan musical. Ce projet se voulait du type ultra indépendant, avec un matériel complètement fais maison et avec aucune attente réelle de popularité. En fait, c’était purement par divertissement. Après quelques chansons qui n’ont pas été publiées, j’ai convaincu une amie, qui joue un très bon accordéon, de participer au projet. À nous deux, nous avons pu composer quelques titres, qui à mon oreille, sonnent très bien. Pendant l’été 2008, j’ai tenté de transformer mon « one-man-band » en vrai groupe, ce qui fut plus ou moins réussi et rapidement arrêté pour de nombreuses raisons, mais la principale fut que j’étais le seul à vraiment apprécier le genre. Vers la fin de l’été 2008, j’ai sorti un petit démo de 4 chansons pour mes camarades européens (car je m’y rendais) et pour les intéressés au Québec. Par la suite, mon accordéoniste partit pour Europe (et n’est toujours pas revenu) et j’ai donc dû continuer par moi-même et redéfinir quelque peu le son en ce sens.

VoV :  La musique de Markland Folks est très variée, on peut noter des influences autant Folk que Punk et même Métal. Quels éléments influencent le son de MF?

MF : Pour comprendre le son de MF, il faut d’abord savoir que je ne viens pas de la scène métal et encore moins black métal. Les groupes auquel j’ai et je participe sont plus dans le registre punk/Oï, mais si je voulais faire autre chose c’est que j’ai une grande fascination pour la scène « dite » païenne grandissante et j’ai honnêtement toujours été fan de musique folklorique. En fait, je n’avais pas d’idées bien définies quand j’ai commencé, c’était particulièrement improvisé et ça l’est d’ailleurs toujours. Mais si je veux vraiment définir le son, je dirais que c’est un mélange de viking rock Suédois, de folklore européen, de øï et le tout dans un esprit noir et tribalisant. Dans le fond, peu m’importe les définitions, car j’ai réglé le problème en appelant ça du pagan rock… pourquoi pas !

VoV :  Outre les influences au niveau musical, quelle idéologie se cache derrière votre groupe ?

MF :  Bien que les premiers titres ne soient pas très politisés, MF avait comme concept de départ le rejet du mode de vie moderne, de la rebellitude conformiste et le retour à l’esprit antique, mais dans un esprit révolutionnaire plutôt que réactionnaire. D’ailleurs, le nom de Markland folks se voulait : « peuple du monde des arbres », en référence au nom que donna Leif Ericson (Markland ou terre des arbres) au Labrador si l’on se réfère aux sagas. Mais depuis le départ de mon accordéoniste, j’ai commencé à mettre un plus d’accent sur les paroles, en les rédigeant en français. Mais plus profondément, l’idéologie de MF aujourd’hui se revendique de l’ethnodifférentialisme, de l’alternationalisme, de l’antilibéralisme, de l’anticonsumérisme et bien sûr du paganisme. J’essaie d’ailleurs de m’impliquer idéologiquement le plus possible en faisant évoluer ma pensé par la musique et par l’écriture pour que ma vie ne se résume pas à une longue perte de temps.

VoV :  Bien que votre son soit assez varié, il reste quand même évident que le son de base de MF est plutôt Folk. Qu’est-ce qui vous attire dans cette musique, pourquoi le Folk exactement ?

MF : Oui, c’est surtout vrai pour mes premiers titres, malgré qu’aujourd’hui ça soit moins le cas. Malgré tout, j’aime particulièrement le folklore parce que c’est une musique qui est, pourrait-on dire, la somme du perfectionnement et pour cela elle m’évoque un profond respect. Cette musique représente plus que la masturbation prétentieuse standard des musiciens contemporains, car elle n’est pas l’œuvre de personnes précises, mais bien d’une accumulation de savoir-faire dans l’histoire des peuples qui l’ont perfectionné. En fait, la musique folklorique diverge radicalement de l’esprit contemporain, prétentieux et oedipien qui consiste à ringardiser constamment le passé pour toujours recommencer à zéros en pensant faire mieux. Bref, le folklore reflète pour moi une époque où la musique était l’expression du peuple et non juste une manière de placer des produits.

VoV :  Quel sont les projets à venir pour Markland Folks? La sortie d’un album peut-être?

MF : Bien en ce qui me concerne, tout est possible. Au minimum, je continuerai certainement à composer de nouvelles pièces. Je me procurerai probablement de nouveaux équipements (pour le drum entre autres) afin d’améliorer le son. Je produirai probablement d’autres démos et peut-être des albums dans le futur si l’occasion se présente. Mais peut-être si la fortune le veut bien, je me trouverai des musiciens pour faire vivre concrètement MF en concerts. D’ailleurs, je tiens à mentionner que tous mes titres sont téléchargeables gratuitement sur mon blog :
http://frontalternationaliste.hautetfort.com/archive/2009/04
/08/markland-folks.html
.

VoV :  La musique underground au Québec est souvent très nationaliste, on peut dire que les musiciens québécois sont souvent très fiers de leur patrie et de leur culture et cela se reflète très bien à travers leur musique. Où se situe MF dans cette scène UG? Que pensez-vous du mouvement nationaliste à l’intérieur de la scène, plus spécifiquement dans le Folk et le Black Metal?

MF : Je trouve cela très stimulant, car c’est très à contre-courant. L’esprit des autres styles musicaux a généralement tendance à n’être que des rebelles sans cause qui participe de manière inconsciente à la société de consommation de par leurs rebellitudes stupide et individualiste. Il est important d’avoir des idéaux et d’avoir une voix forte dans cette ère où la penser unique est reine. Mais pour que nos voix ne se perdent pas dans le désert, il faut éviter les pièges et les caricatures, car il y a trop de connards qui veulent nous associer à des nazis pour nous salirent, donc il faut être intelligent et cultivé dans nos démarches.

VoV :  Une question que j’aime bien poser. Que pensez-vous de l’indépendance du Québec ? En tant que Québécois croyez-vous en cette cause?

MF : Bien sur, car il est très malsain de ne pas avoir le contrôle sur notre pays et, par extension, de contrôle sur notre avenir comme communauté nationale, mais l’époque malheureusement ne s’y prête guère. Nous somme depuis longtemps dans une époque fondamentalement libérale et les gens ne saisissent plus l’appartenance communautaire et ne vois, en l’avènement d’un pays libéré, qu’un changement dans leurs rapports d’impôt. Nous sommes dans une époque où le néolibéralisme est triomphant, mais aussi (et heureusement) dans sa pleine décadence, donc j’ai de bons espoirs envers le futur pour ce qui est des changements positifs. Mais pour cela il faut se tenir prêts.

VoV :  Merci pour votre temps camarades. La fin vous appartiens.

MF : Je profiterai de cette tribune pour remercier les artisans, les musiciens et les intellectuelles dissidents qui ajoutent un peu de couleur à notre sombre époque. Soyez présent et exprimez-vous, même si nous avons parfois l’impression d’être seules contre tous. Pour cela il nous faut éveiller notre véritable volonté de puissance !

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English :

VoV :  Hailsa! For the beginning, can you introduce Markland Folks to our readers?

MF : Markland folks is a project that I started in the end of 2007 in order to play a type of music that I believed was practically inexistent, both ideologically and musically. This project is ultra independent, completely homemade and without any real hopes to get popularity. In fact, it was purely for entertainment. After a few tracks that were never published, I convinced a friend, that plays accordion really well, to participate in this project. Together, we composed a few tracks, which in my opinion, sound really great. During summer 2008, I tried to transform my one-man-band in a real band, this was more or less a success and was quickly stopped for various reasons, but the main reason was that I was the only to really appreciate the musical style. Near the end of summer 2008, I have released a 4 track demo for my European friends (I was going to visit) and to give make them being interested in Québec. After that, my accordionist left for Europe (and still hasn’t come back) so I had to continue by myself and redefined my sound a little.

VoV :  Markland Folks’ music is really diverse, we can hear influences from Folk,Punk and even Metal. What element influences the sound of MF?

MF : To understand the sound of MF, you must first know that I don’t come from the metal scene, and surely not from the black metal scene. The bands that I participated in, or still particiâte in are more in the Punk/OI! Vain, but if I wanted to do something else it’s because I am really fascinated by the Pagan scene that is growing and honestly, I have always been a fan of Folk Music. In fact, I had no defined ideas when I started, it was particularly improvised and it still is by the way. By if I really want to define my sound, I’d say that it is a mix between Swedish Viking Rock, European Folklore, OI! and all in a dark and tribal spirit. After all, I don’t care about definitions, and i took care of the problem and called my music Pagan Rock… Why not!

VoV :  Aside from you musical influences, what’s the ideology behind your band?

MF :  Even if the first songs were not really political, MF had from the start a concept dealing with the rejection of modern life, rejection of conformist rebellitude, and the return to an antique spirit, but more in a revolutionary way than and reactionary one. Also, the name Markland folks means : ‘’People of the trees’’, in reference to the name that Leif Ericson gave to the Labrador area (Markland or Land of Trees) if we check out the Sagas. But since the departure of my accordionist, I started to put more emphasis on the lyrics, by writing them in French. But deeper, MF’s ideology today is about ethno-differencialist, alter nationalist, anti-liberalism, anti-consumerism and of course Paganism. I try, in fact, to be more involved ideologically as much as I can to make my ideas evolve by my music and my writings so my life won’t be just a big loss of time.

VoV :  Even if you have a very diversified sound, it is still obvious that MF’s sound is more Folk. What do you like in that particular music, why Folk music exactly?

MF : Yes, it is mostly true for my first tracks, but today it is less the case. After all, I particularily like Folk Music because it is, as we can say, the result of perfectionism and for that it gives me a profound respect. This music represents more that the standard and pretentious masturbation of contemporary musicians, because it is not the result of a distinct person, but the accumulation of knowledge in the history of a certain nation that perfectionized it. In fact, Folk music diverge radically from the contemporary spirit that is pretentious and oedipal and consists of constantly spit on our past to always start over and over again thinking we can always do better. For me, folk music reflects a period of time when music was the expression of a people and not just a way of marketing products.

VoV :  What are the future projects for Markland Folks? The releasing of an album maybe?

MF : Well, as far as I’m concerned, everything is possible. At least, I certainly will continue to compose new pieces. I’ll get probably new equipment (for the drum among  others) to improve the sound. I’ll probably make other demos and perhaps an album in the future if the opportunity arises. But perhaps if I can, I’ll find musicians to make MF a real live band. I would also like to mention that all my songs are available to download on my blog :
http://frontalternationaliste.hautetfort.com/archive/2009/04
/08/markland-folks.html
.

VoV :  Underground music in Québec is often really Nationalist, we can say that Quebecan musicians are really proud of their nation and culture and that is often obvious in their music. Where does MF stands in the musical scene? What do you think of the nationalist movement, especially in Black Metal?

MF : I find it very exciting because it’s against the current. The minds of other musical styles tend to be as rebels without a cause who participates in an unconscious way to consumerism through their stupid and individualistic rebellitudes. It is important to have ideals and have a strong voice in this era of individualism. But for our voices to not get  lost in the desert, we must avoid the pitfalls and caricatures, because there are too many assholes who want to associate ourselves with the Nazis, so it must be intelligent and cultivated in our efforts.

VOV: A question I like to ask. What do you think of the independence of Quebec? As Quebecers believe you on this issue?

MF: Of course, because it is very unhealthy not to have control over our country and, by extension, control over our future as a national community, but unfortunately our time isn’t appropriate. We are in a long time liberal and basically people do not know the community and do not see in the emergence of a liberated country, they only see a change in their tax reports. We are in a time when neoliberalism is triumphant, but also (and fortunately) in its full decline, so I have good hopes for the future with regard to positive change. But it must be prepared.

VOV: Thank you for your time comrade. The end is all yours.

MF: I take this opportunity to thank the craftsmen, musicians and intellectual dissidents who add a little color in our dark days. Be present and express yourself, even if we sometimes feel alone against all. To do this we must awaken our true desire for power!

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